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"Le monde est fait pour aboutir à un beau livre"
Stéphane MALLARME

Je vous invite à découvrir et à partager  sur ce site mes  derniers "coups de coeur"
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21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 08:24
S'abandonner à vivre

de Sylvain Tesson

Folio, main 2015

 

J'ai découvert cet auteur il y a très peu de temps, j'aime beaucoup son style très littéraire ainsi que ses nombreuses références liées à ses nombreux voyages.

Ici , il s'essaye à la nouvelle, cela lui réussit plutôt bien, même si toutes ne sont pas du même niveau...Il y en a de très drôles, très dépaysantes , saugrenues et inattendues, mais également des plus descriptives et insipides.

Tesson est un écrivain très érudit et je prends beaucoup de plaisir à lire ses descriptions des steppes lointaines ou autres contrées, autant que celles où il porte son regard amusé et tranchant sur  la vie citadine de certains bobos. 

Une idée de lecture pour cette été ou à lire par "petites gorgées" comme un breuvage revivifiant  lorsque l'on ne se sent pas d'attaque pour un gros pavé.

Note:3

23 mars 2017 4 23 /03 /mars /2017 14:25
Chanson douce

de Leïla SLIMANI

Editions Gallimard, mai 2016

 

Après des mois d'attente, j'ai enfin pu lire le Goncourt 2016! Un roman court, concis qui se lit comme un polar dont on connaît l'issue dès les premières pages et dont on rembobine l'histoire.

 

Louise , nounou, s'occupe d'Adam et de sa grande sœur Mila au domicile de leurs parents , un couple bobo, parisien. Myriam, la maman, après la naissance de sa fille a eu du mal a quitté le cocon familial et cet état fusionnel qu'elle s'était créée auprès de son enfant; très vite elle "programme" donc la venue du petit frère afin de pouvoir prolonger cet état de veille. Mais avoir 2 enfants en bas âge n'est pas aussi simple....On fait ce qu'on peut, on ne fait plus ce qu'on voudrait, la fatigue guète, on se laisse aller...puis un jour elle tombe sur un ancien "camarade étudiant" et là, elle se rends compte qu'elle n'est plus cette femme brillante pleine d'ambition, mais une simple femme au foyer qui essaie tant bien que mal de survivre à ses enfants qui vous rongent votre énergie jusqu'à la moelle épinière!! Grosse prise de conscience et action, elle se met en tête de retourner travailler, mais pour cela il faut trouver LA personne qui sera à la hauteur pour gérer les enfants. Après un casting exigeant, le couple engage Louise. Elle est disponible, pragmatique, carrée, aime jouer avec les enfants, cuisine à merveille, ne rechigne pas pour les heures supps, ...que du bonheur, la femme parfaite en somme. Elle est même plus que dévouée puisque en plus d'éduquer les enfants, elle tient la maison d'un main de fer, terminé les jouets qui traînent, la poussière qui se dépose partout, le frigo vide...en plus d'être une super nounou, c'est une femme de ménage, une cuisinière, une couturière, une gouvernante, La femme dont on ne peut plus se passer....jusqu'au drame...

 

Ce livre m'a rappelé un film que j'avais vu il y a (fort) longtemps: "La main sur le berceau"; cela tournait également sur l'emprise que pouvait avoir une femme sur une famille et en particulier ses enfants et qui se termine également par un drame...

 

Je suis surprise qu'un tel roman avec un sujet pareil ait pu obtenir le Goncourt, le côté "faits divers" a du certainement élargir le lectorat classique...

 

Note:4

18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 13:08
Le règne du vivant

 

de Alice FERNEY

Actes sud, août 2014

 

Ceci est un véritable playdoyer pour notre écosystème, j'ai toujours été très préoccupé par la question de l'écologie et j'essaie au quotidien de faire en sorte de respecter notre Terre. Ici Alice Ferney nous rends très vigilante à l'importance des milieux sous marins. Et oui, on nous serine sans arrêt sur la pollution, l'indice carbone, la couche d'ozone, l'importance de "consommer local", de recycler, de composter, etc....mais quid de la mer?  On nous a bien expliqué brièvement qu'il fallait arrêter de manger du poisson, soit, mais encore....

 

Assmussen un journaliste norvégien, est le narrateur de ce roman,il embarque sur l'Arrowhead, son capitaine Magnus Wallace est considéré pour certain comme  un pirate, mais pas au sens classique, lui  lutte pour préserver les richesses de la faune marine, il mène bataille activement contre la pêche illégale, contre la chasse à la baleine, mais aussi des requins dont on coupe l'aileron avant de les rejeter vivants dans la mer. Il est prêt à affronter d'autres navires et à les emboutir afin de les détériorer et ainsi  empêcher ce massacre. Au début de la lecture on est assez sceptique puis, peu à peu, on réalise l'ampleur du désastre et là ce n'est malheureusement plus de la fiction. A un moment donné le narrateur nous décrit une scène de chasse à la baleine, on est loin du temps de Moby Dick, les harpons sont bien plus sophistiqués, meurtriers et les chasseurs sont sans pitié. Glaçant!

 

Alice Ferney s'est inspirée du personnage réel qu'est Paul Watson, co-fondateur de Greenpeace et créateur de Sea Shepherd . Voici ce qu'il dit: "si l'océan meurt, nous mourrons. Parce que les océans fournissent 80 % de l'oxygène que nous respirons, qu'ils régulent le climat, qu'ils fournissent de la nourriture. Or, depuis 1945, 90 % des êtres vivants dans les océans ont disparu. Nous avons perdu 30 % de l'oxygène produit par le phytoplancton. A cause des pollutions — plastiques, hydrocarbures, métaux lourds... —, du réchauffement climatique, de l'acidification due au gaz carbonique, de la destruction des estuaires, de la surpêche, de l'aquaculture... C'est insensé. Mais la plupart des gens ne comprennent pas la gravité des menaces, ni la relation intime qui lie la bonne santé des océans à la leur. Dès lors que la biodiversité des océans diminue, leur capacité à survivre est compromise, et donc la nôtre aussi."

 

Je vous laisse méditer, à bon entendeur, salut...

 

Note:4

 

 

 

8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 20:24
Sur les chemins noirs

de Sylvain TESSON

Gallimard, septembre 2016

 

Cet homme a parcouru le monde d'un bout à l'autre, il a traversé des paysages et des lieux grandioses que ni vous ni moi ne franchiront un jour. C'est en quelque sorte un écrivain-voyageur. Il a croqué la vie a pleines dents, joui de plaisirs divers. Aujourd'hui, il a une toute autre vision de la vie, en effet en 2014 " l'année avait été rude"; " je m'étais cassé la gueule d'un toit où je faisais le pitre"...Tesson s'en tire mais en sort très amoché: "Quatre mois plus tard j'étais dehors, bancal, le corps en peine, avec le sang d'un autre dans les veines, le crâne enfoncé, le ventre paralysé, les poumons cicatrisés, la colonne cloutée de vis et le visage difforme. La vie allait moins swinguée." Le ton est donné, à présent il ne s'agit plus de brûler la vie comme un papillon se brûle les ailes en s'approchant trop près d'une flamme , non à présent il faut s'avoir apprécier chaque souffle, chaque pas...cette renaissance ne peut se faire qu'au travers de la marche au plus près de la nature. Sa décision est prise : il va traverser la France loin des routes, des agglomérations, de la civilisation, il empruntera "la campagne du silence, du sorbier et de la chouette effraie". Serpenter et slalomer sur ces chemins noirs, dormir à la belle étoile sous un chêne ou un hêtre, se lever à l'aube et repartir coûte que coûte. Son récit- voyage démarre fin août du parc du Mercantour pour se terminer en novembre dans le Cotentin. Traverser la France en diagonale, en sillonnant les chemins et sentiers les plus isolés et profiter de vues et paysages impressionnants, redevenir ce chasseur-cueilleur qui n'a qu'à tendre les bras pour se nourrir. Tesson est rejoint par l'un ou l'autre de ses amis en chemin pour une nuit et quelques kilomètres, dont Thomas Goisque, photographe. Je vous recommande d'aller sur le site de ce dernier: www.thomasgoisque-photo.com  (Cliquer sur l'onglet "aventures" et sélectionner "la France par les chemins oubliés") Les photos sont sublimes et illustrent parfaitement le récit de Tesson.

Je recommande ce livre à tous les amoureux de la nature, les solitaires et ceux qui souhaitent retrouver des vraies valeurs loin de notre société de consommation et de la vie trépidante que nous subissons tous.

 

Note:5+

26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 21:03
La neige en deuil

de Henri TROYAT

J'ai lu

 

Un petit classique de la littérature française que je n'avais pas encore lu et que ma moitié m'a déniché dans un bookcrossing. J'ai pris plaisir à lire ce livre, tant par son style que par son sujet. En effet, cela fait du bien de lire un roman riche en vocabulaire avec de belles phrases et descriptions, tellement plus agréable que certains de nos jeunes auteurs français avec leur style hachuré, court, et langage familier. Quant au sujet; il plaira aux amoureux de la nature...(ils se reconnaitront ;0)... ). Ici apologie et éloge de la montagne, sa beauté, sa grandeur mais aussi son côté obscur, celle qui prend ou qui donne comme bon lui semble. En parallèle, l'histoire d'une fratrie (Marcellin et Isaïe) deux frères que tout oppose, l'âge, le caractère, l'un tourné vers le modernisme et la ville et le second plus traditionnaliste et attaché à son terroir. Pourtant tous deux seront unis au sein d'une même tragédie.

Note:5

21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 17:36
Le liseur de 6h27

de Jean-Paul DIDIERLAURENT

Au diable vauvert,2014

 

Ghilain Vignolles, 36 ans prend tous les matins le RER de 6h27 pour rejoindre l'usine où il travaille,et qui n'est autre qu'une entreprise de pilon. Là il s'occupe de la Zerstor 500, machine qui est là pour "broyer, aplatir, piler, écrabouiller, déchirer, hacher, lacérer, déchiqueter, malaxer, pétrir, ébouillanter"...les livres que l'on ne peut  plus stocker, vendre, etc...Il profite de chaque nettoyage pour extirper quelques pages de l'un ou l'autre livre, pages qu'il lira le lendemain dans le RER. Les passagers sont un auditoire  fidèle et très réceptifs, certains vont même jusqu'à le solliciter pour venir faire la lecture à domicile...

Pour Ghilain, toute sa vie tourne autour du livre, son travail, ses amis et connaissances tous ont un lien avec le monde de la littérature. Toute cette petite routine fini par être chamboulée par la découverte d'une clé USB dans le RER, à l'emplacement attitré de notre liseur. Ce dernier dans une volonté de pouvoir la rendre à son propriétaire, ouvre la clé: il ne s'agit ni plus ni moins que le journal qui retrace le quotidien d'une jeune dame-pipi...encore une forme de littérature...

 

L'idée d'écrire un livre sur et autour des livres était très attrayante, mais cependant je n'ai pas été plus enjouée que ça...l'écriture et le sujet me semblait  assez futuriste, irréel, certainement trop loin de mon propre rapport aux livres...

Note:3

 

30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 20:46
On regrettera plus tard

 

de Agnès LEDIG

Albin Michel, mars 2016

J'ai découvert cette auteure par hasard dans une des petites bibliothèques municipales de mon secteur. Le dernier roman d'Agnès Ledig venait d'arriver ( pour le plus grand bonheur des bibliothécaires bénévoles!!) et la liste d'attente pour l'emprunter était déjà bien conséquente; cela a évidemment éveillé ma curiosité et je l'ai réservé à mon tour...Il a été disponible pile pour les congés actuels, cela ne pouvait pas mieux tomber. Je m'attendais à quelque chose de léger et grand public, c'est effectivement le cas ...Peut-être, même un "chouia " trop fleur bleue pour moi,...

Valentine est enseignante dans un petit village dans l'est de la France, un soir de juin, lors d'un violent orage, Eric frappe à sa porte, sa fille Anna Nina est fiévreuse et la roulotte dans laquelle ils sillonnent la France a été fortement endommagée.

Pourquoi un homme vit-il seul  avec sa fille de 7 ans dans une roulotte? Que fuit-il? Autant d'interrogations que Valentine va chercher à élucider. L'occasion pour  elle-même de s'interroger sur son propre sort et d'essayer de comprendre pourquoi elle n'arrive pas à s'attacher à quelqu'un et fonder une famille. Avec son collègue et ami Gaël, l'heure des mises au point a sonné.

Note:3

1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 14:03
Le moral des ménages

De Eric REINHARDT

Livre de poche,2003

 

Manu Carsen  est auteur compositeur dans le milieu de la chanson. Milieu élitiste, dans lequel il espérait percé et être reconnu mais visiblement il n'a pas su se faire un nom; à son grand désarroi. L'heure du bilan a sonné. Lui, qui a tout fait pour ne pas ressembler à ses parents et surtout à leur milieu social, il se pourrait bien qu'il n'ai pas réussi à en sortir de ce fameux "middle class" qu'il exècre tant!

Dans la première partie du roman ce personnage principal nous dépeint de manière très réaliste, froide et acerbe son quotidien avec ses parents. Ses parents, toujours prêts de leur sous, toujours à compter, à qui rien ne sourit. Le mari qui a raté sa carrière dans le milieu de l'aviation et qui se retrouve commercial. Un commercial qui ne vends pas grand chose ou qui se fait concurrencer directement par des collègues pas très loyaux et une épouse taciturne qui chaque semaine achète le même camembert ("qui doit faire la semaine"), qui ne fait rien pour encourager son époux ou encore lui mettre un peu la pression afin de sortir de cette routine moribonde. Seul le fils, dès l'adolescence, ose braver l'autorité parentale , avec ses remarques irrespectueuses et pleines de rancœur. Oui, il leur en veut de ne rien faire pour sortir de cette "middle class" et il en est certain, lui n'en fera pas partie.

J'ai beaucoup aimé la première partie, en revanche la seconde a été très longue, ennuyeuse et surtout certaines scènes de "description masturbatoire" me semble inutile et inappropriée...

 

Note: 2

 

15 juin 2016 3 15 /06 /juin /2016 22:28
Memoire de fille

de Annie ERNAUX

Gallimard, mars 2016

 

Pour les nostalgiques des années 60, petit retour en arrière avec ce roman autobiographique.

Annie Ernaux parle de celle qu'elle a été en 1958, celle qui va fêter ses 18 ans et qui quitte le cocon familial pour la première fois de sa vie pour aller travailler, le temps d'un été, dans une colonie de vacances. Un été de toutes les découvertes: la liberté, l'indépendance,  la découverte de son corps et de pouvoir en "user" comme bon lui semble, les autres, la société. Comment rester à sa place tout en saisissant cette chance de pouvoir faire seule ce qui interdit à une jeune femme des années 60? Pouvoir braver les interdits sans être déchu, difficile équation pour l'époque.  Annie Ernaux revient avec amertume sur celle qu'elle a été, sur ce qu'elle a fait ou non, sa relation aux hommes, la découverte de l'amour...on replonge dans cette société figée où l'homme a tous les pouvoirs et tous les droits, il peut s'affirmer et profiter de la femme et de sa naïveté en toute impunité.

Qu'en est-il à présent? avons-nous réellement évolué? Ce roman est un peu une étude sociologique sur la femme ces 50 dernières années...

 

Note:4

 

29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 21:31
La renverse

De Olivier ADAM

Flammarion, janvier 2016

 

Antoine vivote depuis quelques années dans une petite ville bretonne en bord de mer. Un petit boulot de libraire, une petite amie occasionnelle, pas trop d'engagement auprès de cette dernière ni dans la vie de manière générale. Antoine, qui est-il? un looser? un blasé? un homme qui vit en marge de la société? Pourquoi?

"Ce n'est qu'au moment d'entrer dans le bar tabac que la nouvelle m'a vraiment heurté, qu'elle a commencé à filer le tissu du drap que je tendais depuis des années sur cette partie de ma vie."

Antoine vient d'apprendre par les médias le décès de Jean- François Laborde dans un accident de voiture. Cet homme politique est à l'origine du drame qui a souillé et détruit sa famille.

En effet, ce Laborde maire d'une petite ville de banlieue dans laquelle Antoine a grandi, a été au coeur d'un scandale politico-sexuel. Ce n'est pas sans vous rappeler une affaire similaire concernant un politique français???....Refermons la parenthèse, en effet Laborde a été accusé de viol sur deux jeunes femmes avec la présence (active) de sa maîtresse qui n'est autre que la mère d'Antoine!

Le roman ne tourne pas autour de ces accusations ou du procès de ce dernier mais sur tous les dommages collatéraux causés par cette histoire. Comment les victimes ont réagi, ainsi que leur famille, le père d'Antoine, cocufié ouvertement par cette histoire et qui continue de défendre sa femme, Antoine et son frère: pourquoi leur mère leur a-t-elle fait cela? comment retourner au collège ou au lycée sans se faire affubler de quolibets et autres lynchages par les autres élèves?...Autant de questions soulevées ici dans cette fiction et qui lorsqu'on lit le journal et son lot de drames, n'est malheureusemnt plus de la fiction pour bon nombre de gens...

Une lecture inhabituelle, où on se dit à chaque page " pourvu que jamais je ne sois confrontée à une telle situation..."

 

Note:3